Rapport du Haut Conseil à l’Égalité (HCE) sur l’état des lieux du sexisme en France, la menace masculiniste (2026)
Le Haut Conseil à l’Égalité a publié son rapport annuel sur l’état des lieux du sexisme en France, consacré à la menace masculinisme en Janvier 2026. Ce rapport alerte sur la transformation du sexisme en phénomène social et structurel, et appelle à une mobilisation urgente des pouvoirs publics pour prévenir et combattre cette menace, tant sur le plan législatif que sociétal.
Le rapport souligne une polarisation croissante de la société sur les questions d’égalité et de sexisme, avec une montée en puissance des discours masculinistes, désormais considérés comme une menace à l’ordre public et un enjeu de sécurité nationale. Pour la première fois, le HCE consacre une analyse spécifique aux masculinismes, définis comme un système idéologique structuré qui imprègne notamment les jeunes générations via un bombardement massif de contenus numériques (réseaux sociaux numériques, plateformes comme TikTok, Discord, X…).
Le rapport distingue deux types de sexisme : Le sexisme paternaliste : stéréotypes traditionnels (ex. : 75% des répondants estiment que les femmes doivent être protégées par les hommes, 68% que les hommes doivent assumer la responsabilité financière de la famille). Le sexisme hostile : attitudes violentes, méprisantes ou agressives envers les femmes, avec une adhésion préoccupante (17% de la population, soit près de 10 millions de personnes). Ce sexisme peut aller jusqu’à l’apologie du viol ou du meurtre.
Un focus sur la menace masculiniste
- Le masculinisme est présenté comme une idéologie réactionnaire internationale, portée notamment par des influences américaines, et qui légitime la violence, banalise les agressions et peut mener à des actes extrêmes,
- Les discours masculinistes ciblent particulièrement les jeunes et s’appuient sur des relais politiques, économiques et culturels, ainsi que sur des algorithmes amplificateurs sur les réseaux sociaux numériques.
Sexisme en ligne, enjeu majeur de sécurité et de santé publique :
- Le rapport identifie le cybersexisme comme la première forme de discours de haine en ligne, avec 84% des victimes qui sont des femmes. Ce phénomène s’inscrit dans un continuum des violences et une culture du viol toujours présente dans la société,
- Les discours masculinistes et sexistes se propagent massivement sur les réseaux sociaux numériques (TikTok, Discord, X, etc.), avec un effet renforcé chez les jeunes hommes. Ces plateformes deviennent des vecteurs majeurs de radicalisation sexiste et de banalisation des violences,
- Les algorithmes des réseaux sociaux contribuent à la diffusion et à l’amplification des contenus sexistes et masculinistes, créant un environnement numérique hostile aux femmes et aux valeurs d’égalité ,
- Dans ses formes les plus extrêmes, le sexisme en ligne peut aller jusqu’à l’apologie du viol et du meurtre, légitimant le passage à l’acte et banalisant les violences faites aux femmes.
Quelques recommandations du HCE en lien avec l’EMI :
- Recommandation 15 : Renforcer les moyens de l’ARCOM et de PHAROS, notamment en développant des programmes de formation sur les violences sexistes et sexuelles et leurs manifestations en ligne mais aussi sur la menace masculiniste et ses stratégies de propagation.
- Recommandation 5 : Renforcer au sein de l’Éducation nationale la formation des personnels du Premier et Second degrés sur les programmes EVAR et EVARS
- Recommandation 9 : Développer des modules de formation et des ressources pédagogiques spécifiques pour outiller les enseignants face aux discours sexistes
- Recommandation 17 : exiger la transparence des algorithmes et limiter leur impact négatif
Recommandation 19 : Contraindre les plateformes à mettre en place une veille proactive contre les contenus haineux.