(Cyber)violences de genre chez les 11-18 ans : victimations, sexistes, sexuelles et LGBTphobes dans les collèges et lycées franciliens
Le Centre Hubertine Auclert a publié une étude intitulée « (Cyber)violences de genre chez les 11-18 ans : victimations, sexistes, sexuelles et LGBTphobes dans les collèges et lycées franciliens », qui offre un éclairage inédit sur la nature et l’ampleur des cyberviolences de genre chez les jeunes.
L’étude, sous la direction scientifique de Margot Déage, MCF en sociologie à l’Université Grenoble Alpes, s’appuie sur un travail de quatre ans et a interrogé 3 828 élèves de collèges et lycées franciliens, âgés de 11 à 18 ans - avec une attention particulière aux victimations sexistes, sexuelles et LGBTphobes, tant dans l’espace scolaire que numérique - offrant des données quantitatives et qualitatives inédites.
Quelques points saillants (élaboré avec IA, Mistral)
1. Prévalence des cyberviolences de genre
- Les cyberviolences de genre (insultes, harcèlement, diffusion de contenus dégradants, chantage, etc.) sont répandues parmi les 11-18 ans.
- 1 jeune sur 5 déclare avoir été victime de cyberviolences à caractère sexiste ou sexuel, et 1 jeune LGBT+ sur 3 a subi des cyberviolences LGBTphobes.fr.
2. Nature des violences en ligne
- Insultes et moqueries : Les insultes sexistes, homophobes ou transphobes sont les formes les plus fréquentes de cyberviolences.
- Diffusion de contenus intimes : Le « revenge porn » (diffusion non consentie d’images ou vidéos intimes) et le « sextorsion » (chantage à la diffusion de contenus intimes) sont en hausse, touchant particulièrement les jeunes filles et les jeunes LGBT+.
- Harcèlement en ligne : Les réseaux sociaux numériques (TikTok, Snapchat, Instagram) et les messageries privées sont les principaux canaux de harcèlement.
3. Impact sur les victimes
- Conséquences psychologiques : Anxiété, dépression, décrochage scolaire, isolement social, et dans les cas les plus graves, idées suicidaires.
- Minimisation des violences : Beaucoup de jeunes ne reconnaissent pas ces actes comme des violences, les considérant comme « normaux » ou « banals », ce qui retarde la recherche d’aide.
4. Profils des auteurs et des victimes
- Auteurs : Majoritairement des garçons, souvent en groupe, qui agissent pour « rigoler », « faire comme les autres » ou « punir » une victime.
- Victimes : Principalement des filles et des jeunes LGBT+, souvent ciblées en raison de leur genre, de leur orientation sexuelle ou de leur expression de genre.
5. Rôle de l’environnement scolaire et numérique
- Manque de sensibilisation : Les jeunes déclarent manquer d’information sur les cyberviolences, leurs droits et les recours possibles.
- Réseaux sociaux : Les algorithmes et l’anonymat en ligne favorisent la propagation des violences et la difficulté à les signaler.
Cette étude est la première en France à documenter aussi précisément les cyberviolences de genre chez les 11-18 ans. Elle met en lumière un phénomène non négligeable, sous-estimé et aux conséquences graves, appelant à une mobilisation de tous les acteurs (Éducation nationale, familles, plateformes numériques, associations).